Plus de la moitié des enfants de la planète, soit plus d'un milliard, sont "en péril" car victimes de la pauvreté, des guerres et du sida, écrit jeudi l'Unicef.
Dans un rapport sur la "situation des enfants dans le monde en 2005", le Fonds international des Nations unies pour l'enfance estime que 1,1 milliard d'enfants subissent des
"privations extrêmes".
Le sida, les conflits et la pauvreté constituent les trois facteurs "les plus destructeurs" de l'enfance.
Pour Jacques Hintzy, président de l'Unicef France, "lorsque l'enfance est menacée, c'est l'avenir de tous qui est compromis"."Il est temps aujourd'hui de rappeler (aux gouvernements) leurs engagements et de
consentir de réels efforts financiers.
L'Unicef, qui dénonce l'"incapacité" des gouvernements à respecter les normes de la Convention de 1989 relative aux droits de l'enfant, estime que cette situation
"cause un préjudice durable aux enfants" et freine "tout progrès dans le domaine des droits de l'homme et de l'économie".
Cent quatre-vingt douze pays ont ratifié la Convention, deux ne l'ont pas fait.
Pour illustrer son propos, l'Unicef s'est appuyé sur une analyse de
sept "privations" de base dont souffrent les enfants et qui hypothèquent leur avenir. L'organisation en conclut que plus de la moitié des enfants des pays en développement sont privés d'un ou de plusieurs biens et services essentiels à l'enfance.
Un enfant sur six souffre de la faim.
Ils sont 640 millions à ne pas disposer d'un logement adéquat, 500 millions à n'avoir pas accès à des installations sanitaires, 400 millions à ne pas avoir d'eau salubre et 270 millions d'enfants à ne pas bénéficier de soins de santé.
En outre, 140 millions d'enfants, des filles pour la plupart, ne sont jamais allés à l'école et 90 millions souffrent de graves privations alimentaires, estime l'Unicef.
Mais le document montre que la pauvreté n'est pas l'apanage des pays pauvres, car dans 11 des 15 pays industrialisés, la proportion d'enfants vivant dans des ménages à faible revenu a augmenté au cours des dix dernières années.
"Si des progrès ont été faits, ils sont loin de suffire à atténuer l'impact de la guerre sur les enfants", insiste l'Unicef qui souligne que des centaines de milliers d'enfants sont encore recrutés ou enlevés pour être soldats.
S'agissant des guerres, le rapport note que près de la moitié des 3,6 millions de personnes tuées ces 15 dernières années dans des conflits étaient des enfants. Il ajoute qu'au cours des années 1990, environ 20 millions d'enfants ont été obligés de quitter leur foyer à la suite de conflits armés.
Le rapport souligne par ailleurs près de 500.000 enfants de moins de 15 ans sont morts du sida en 2003, tandis que 630.000 autres ont été infectés par le VIH. A cette date,
2,1 millions d'enfants vivaient avec le virus, qu'ils tenaient pour la plupart de leur mère.
Selon l'Unicef, le monde a la possibilité de faire reculer les fléaux qui frappent l'enfance s'il respecte les objectifs du Millénaire pour le développement, adoptés par les Nations unies en 2000, qui prévoient des dépenses annuelles de 30 à 52 milliards d'euros jusqu'en 2015.
Ils subissent aussi des violences sexuelles, sont victimes de mines terrestres, contraints d'être témoins d'actes de violence et de tueries.
L'Unicef relève aussi à travers le monde 15 millions d'enfants orphelins dont les parents sont décédés des suites du sida, huit sur dix vivant en Afrique subsaharienne.
Sur les 3,6 millions de personnes tuées dans le monde lors de conflits depuis 1990, 45% étaient des enfants, souligne l'organisation. Elle estime à deux millions le nombre d'enfants victimes d'exploitations sexuelles à des fins commerciales.
L'organisation note aussi que l'espérance de vie pour un enfant né au Japon est de 82 ans, alors qu'elle est de seulement 33 ans pour un enfant né en Zambie.
Pensez-vous que seule l'action durable des ONG pourra limiter cette catastrophe humaine? ou que les gouvernements ont été sensibilisés au probléme?
>>>>>UNICEF<<<<<
Sauver les enfants d'Afrique
Une enfance decomposée (article du monde diplomatique)
DROITS DE L'ENFANT
Source: Reuters.fr 9/12